Entre 2005 et 2007, Rockstar a glissé deux GTA complets dans la poche des joueurs, sur PSP : Liberty City Stories puis Vice City Stories. Deux préquelles nerveuses, développées par un studio à part, Rockstar Leeds, et longtemps sous-estimées. Liberty City Stories est le mieux noté et le plus vendu ; Vice City Stories, le plus attachant. Voici comment les départager.
Rockstar Leeds, le studio des GTA de poche
Ces deux jeux ne sont pas nés à Édimbourg chez Rockstar North, mais à Leeds. Rockstar Leeds, c’est l’ancien studio Möbius Entertainment, racheté par Take-Two en 2004 et rebaptisé aussitôt. Sa spécialité : faire tenir les grosses licences Rockstar sur les machines portables. Il signera plus tard Chinatown Wars sur Nintendo DS, dont on a détaillé le génie dans notre rétrospective de Chinatown Wars.
Pour les deux Stories, Leeds travaille main dans la main avec Rockstar North. Le défi est technique autant qu’éditorial : recréer une ville GTA en 3D, ouverte et vivante, sur une console tenant dans la main. Le résultat a été salué à l’époque comme une prouesse, la PSP poussée dans ses derniers retranchements.
Liberty City Stories : le retour de Toni Cipriani
Sorti en octobre 2005 sur PSP, Liberty City Stories nous ramène à Liberty City, mais en 1998, trois ans avant les événements de GTA III. On y incarne Toni Cipriani, homme de main de la famille mafieuse Leone, de retour en ville après une longue absence. C’est une vraie préquelle, qui recroise des visages et des lieux que les joueurs de GTA III connaissent par cœur.
Sa grande nouveauté ne se voit pas dans la campagne solo : c’est le multijoueur. Liberty City Stories est le premier GTA en 3D jouable à plusieurs, avec sept modes en sans-fil pour un maximum de six joueurs en local (Wi-Fi ad-hoc). Une idée en avance de trois ans sur le GTA Online de l’ère moderne, purement locale et disparue des versions PS2 et mobile.
Vice City Stories : l’ascension de Victor Vance
Un an plus tard, en octobre 2006, Rockstar Leeds troque le gris de Liberty City pour le néon de Vice City. Vice City Stories se déroule en 1984, deux ans avant Vice City, et met en scène Victor Vance. Ce nom parlera aux fans : Vic est le frère aîné de Lance Vance, et il est tué dès la scène d’ouverture de Vice City, lors du deal de drogue qui tourne mal. Stories raconte tout ce qui l’a mené jusque-là.
Côté gameplay, Leeds ne se contente pas de recycler la carte de 2002. Le jeu introduit l’Empire Building : on s’empare des commerces des gangs rivaux pour les exploiter, du racket de protection au trafic en passant par les maisons closes, en défendant son territoire. Autre ajout notable, la nage : là où l’eau de Vice City était mortelle en 2002, Vic sait enfin nager. De quoi donner une seconde jeunesse à la baie floridienne.
Notes et ventes : deux cartons de la PSP
Sur le papier, Liberty City Stories garde l’avantage. Il décroche 88 sur 100 sur Metacritic, contre 86 pour Vice City Stories, deux excellents scores pour du jeu portable. Surtout, il s’impose commercialement : avec environ 7,5 millions d’exemplaires, Liberty City Stories est tout simplement le jeu le plus vendu de toute l’histoire de la PSP. Vice City Stories, sorti un an plus tard sur un parc de consoles pourtant plus large, reste lui aussi un très gros succès de la machine, sans détrôner son aîné.
Ce n’est pas un hasard : Liberty City Stories a bénéficié de l’effet de nouveauté (le premier « vrai » GTA de poche) et d’un multijoueur qui a fait beaucoup pour sa réputation dans les cours de récré de l’époque.
Où (re)jouer à Liberty City Stories et Vice City Stories
C’est là que le match se creuse pour de bon. Liberty City Stories a eu droit à une seconde vie sur mobile : une version iOS est arrivée en 2015, suivie d’Android en 2016, avec éclairage retravaillé et commandes tactiles. C’est aujourd’hui le moyen le plus simple d’y jouer, PSP au placard.
Vice City Stories, lui, n’a jamais été porté sur mobile. Pour en profiter, il faut ressortir une PSP, une PS2, ou passer par sa version numérique sur les anciennes boutiques PlayStation. Un comble pour le plus séduisant des deux.
Alors, Liberty City Stories ou Vice City Stories ?
Si vous voulez le plus reconnu et le plus facile à lancer en 2026, prenez Liberty City Stories : mieux noté, jeu le plus vendu de la PSP, et disponible sur mobile. Si vous cherchez l’expérience la plus riche et la plus dépaysante, foncez sur Vice City Stories : sa préquelle de Vice City, son Empire Building et son Miami de 1984 en font le plus mémorable des deux, à condition d’accepter de ressortir une vieille console.
Dans les deux cas, vous tenez deux chaînons essentiels de la saga, trop souvent zappés entre les monuments PS2. Pour prolonger, replongez dans notre rétrospective de Vice City ou remettez toute la série dans l’ordre avec notre guide des GTA dans l’ordre chronologique.
Bonne nouvelle pour les nostalgiques de la baie : Vice City fait son grand retour, modernisée, dans GTA VI, attendu pour le 19 novembre 2026. De quoi (re)découvrir d’où vient cette ville culte, en commençant par ses deux visites de poche. On compare d’ailleurs le Vice City de 2002 à celui de GTA VI.
Le tableau ci-dessous résume tout ce qui distingue les deux GTA de la PSP.
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