Difficile de départager les deux GTA cultes de la PlayStation 2 : les deux affichent 95 sur 100 sur Metacritic. San Andreas est le plus vaste et le plus riche, au point de devenir le jeu le plus vendu de la console. Vice City, lui, garde l’identité la plus marquante, ce néon des années 80 inoubliable. Voici comment les deux monuments se répondent.
Vice City, le rêve néon de 1986
Sorti le 27 octobre 2002 sur PlayStation 2, Grand Theft Auto: Vice City transporte la série dans le Miami de 1986, entre trafic de cocaïne, costumes pastel et synthés. On y incarne Tommy Vercetti, tout juste sorti de quinze ans de prison et lâché dans une ville qu’il compte s’approprier. C’est une rupture pour la saga : Tommy est le premier protagoniste entièrement doublé d’un GTA, et pas par n’importe qui, puisque Ray Liotta lui prête sa voix, entouré d’un casting hollywoodien (Dennis Hopper, Burt Reynolds, Gary Busey, Tom Sizemore).
Techniquement, Vice City reprend le moteur RenderWare de GTA III, mais ajoute des nouveautés qui deviendront des standards de la série : les motos, les hélicoptères pilotables et, surtout, l’achat de commerces et de planques qui rapportent de l’argent. Résultat, la meilleure vente de l’année 2002, avec plus de 17,5 millions d’exemplaires écoulés.
San Andreas, tout un État de 1992
Deux ans plus tard, le 26 octobre 2004, Grand Theft Auto: San Andreas change carrément d’échelle. Fini la ville unique : le jeu déroule tout un État fictif, San Andreas, calqué sur la Californie et le Nevada, avec trois métropoles (Los Santos pour Los Angeles, San Fierro pour San Francisco, Las Venturas pour Las Vegas) reliées par des campagnes, du désert et des montagnes. On y suit Carl « CJ » Johnson, de retour à Los Santos après la mort de sa mère, aussitôt happé par la guerre des gangs de son quartier, Grove Street.
C’est le GTA le plus ambitieux de la PS2. Rockstar North y greffe des mécaniques de jeu de rôle : CJ prend du muscle ou du gras selon ce qu’il mange et son temps de sport, gagne du respect, recrute des membres de gang et conquiert des territoires. On peut enfin nager, plonger, piloter des avions et personnaliser son personnage (vêtements, coupe de cheveux, tatouages). Le tout en a fait le jeu le plus vendu de 2004 et, aujourd’hui encore, le jeu le plus vendu de toute l’histoire de la PlayStation 2.
La carte : une ville contre un État entier
C’est le fossé le plus visible entre les deux jeux. Vice City tient dans une agglomération dense d’environ 5,6 km², bardée d’immeubles Art déco. San Andreas, lui, s’étend sur près de 31,5 km², soit plus de cinq fois la surface, campagnes et déserts inclus. Là où Vice City mise sur la densité et la lisibilité d’une seule ville, San Andreas mise sur la variété des décors : on passe du ghetto de Los Santos aux collines viticoles, des casinos de Las Venturas aux fermes reculées du fin fond de l’État.
Le gameplay : deux philosophies
Vice City et San Andreas incarnent deux visions du monde ouvert. Vice City est ramassé et nerveux : une ville, une ascension criminelle, un empire de commerces à bâtir. Ses ajouts (motos, hélicoptères, immobilier) enrichissent la formule de GTA III sans jamais la noyer.
San Andreas, à l’inverse, empile les systèmes : jauges de RPG, guerre de gangs et prise de territoire, casinos, pilotage, plongée, customisation de voitures. Il y a tout simplement plus à faire, quitte à parfois se disperser. Pour beaucoup de fans, c’est ce foisonnement qui fait de San Andreas le sommet de l’ère PS2 ; pour d’autres, la concentration de Vice City reste plus élégante.
Deux chefs-d’œuvre au sommet des ventes
Côté critique, aucun des deux ne flanche : Vice City comme San Andreas décrochent un solide 95 sur 100 sur Metacritic dans leur version PS2, parmi les meilleures notes de la console. Côté commercial, chacun a régné sur son année. Vice City fut le jeu le plus vendu de 2002, avec plus de 17,5 millions d’exemplaires. San Andreas a fait mieux : plus de 27 millions au total, ce qui en fait le titre le plus vendu de toute l’histoire de la PlayStation 2. Deux succès colossaux qui ont assis la domination de Rockstar sur le jeu d’action à monde ouvert.
Où (re)jouer à Vice City et San Andreas
Les deux jeux restent parfaitement accessibles via Grand Theft Auto: The Trilogy, The Definitive Edition, le remaster sorti le 11 novembre 2021 sur PS5, PS4, Xbox Series, Xbox One, Switch et PC, aussi jouable sur mobile via l’application Netflix. C’est de cette version remastérisée que proviennent nos captures ; les originaux de 2002 et 2004 étaient bien plus rudimentaires. Ce portage a connu un lancement chaotique, largement corrigé depuis par de nombreux patchs : on fait le point dans notre avis sur la Trilogy Definitive Edition.
Alors, San Andreas ou Vice City ?
Si vous cherchez le plus grand, le plus riche et le plus généreux, foncez sur San Andreas : trois villes, du RPG, la nage, l’aviation et des dizaines d’heures de contenu. Si vous préférez une aventure ramassée, une identité visuelle inoubliable et l’une des meilleures bandes-son de la saga, Vice City reste imbattable. Deux facettes d’un même âge d’or de Rockstar.
Bonne nouvelle pour les nostalgiques : Vice City fait son grand retour, modernisé, dans GTA VI, attendu pour le 19 novembre 2026. On compare d’ailleurs le Vice City de 2002 à celui de GTA VI, et pour mesurer l’héritage de San Andreas, voyez notre comparatif de GTA VI face à San Andreas. Pour aller plus loin, replongez dans nos rétrospectives de Vice City et de San Andreas.
Le tableau ci-dessous résume tout ce qui oppose les deux classiques.
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