Vingt-cinq ans séparent GTA III, sorti en octobre 2001, de GTA VI, attendu le 19 novembre 2026. Entre les deux, le genre entier a changé de dimension : on passe du premier monde ouvert en 3D à la simulation de toute une Floride. Voici ce qui oppose le fondateur du genre à son héritier le plus attendu.
GTA III a inventé le monde ouvert en 3D
En octobre 2001, le studio écossais DMA Design, bientôt rebaptisé Rockstar North, sort Grand Theft Auto III sur PlayStation 2. C’est le premier GTA en 3D intégrale : les deux épisodes précédents se jouaient en vue de dessus. Le terrain de jeu, c’est Liberty City, la réplique de New York, découpée en trois îles (Portland, Staunton Island et Shoreside Vale) qu’on débloque au fil de l’histoire. On y incarne Claude, un braqueur muet trahi par sa compagne, qui ne prononce pas un mot de toute l’aventure.
Techniquement porté par le moteur RenderWare, le jeu frappe fort : casting de voix de cinéma (Frank Vincent, Michael Madsen, Joe Pantoliano, Kyle MacLachlan), radios satiriques et liberté totale de semer le chaos. Résultat, un 97/100 sur Metacritic, l’un des jeux les mieux notés de la PS2, et le titre le plus vendu de 2001 aux États-Unis, avec plus de 14,5 millions d’exemplaires écoulés au fil des années. Tout le monde open world moderne, d’Assassin’s Creed à Cyberpunk, descend de ce modèle.
De Liberty City à Leonida, un changement d’échelle
En 2001, Liberty City était une ville compacte, trois îles reliées par des ponts, avec une poignée de passants à l’écran et une eau tout simplement mortelle : tomber dedans signifiait la mort immédiate, Claude ne sachant pas nager. GTA VI joue dans une autre catégorie. Vice City n’y est plus qu’une ville parmi d’autres au sein de l’État de Leonida, la version Rockstar de la Floride, qui englobe les Leonida Keys, Grassrivers, Port Gellhorn, Ambrosia et le parc national de Mount Kalaga. Les estimations de la communauté situent la carte autour de deux fois celle de GTA V (voir notre analyse de la taille de la carte de GTA VI).
Foules denses, météo dynamique, nage et plongée sous-marine : le monde de GTA VI respire là où celui de 2001 se contentait de fonctionner. Pour le retour de la ville elle-même, on détaille tout dans notre comparatif du Vice City de 2002 face à celui de 2026.
Claude le muet face au duo Jason et Lucia
Le contraste le plus parlant tient au héros. Claude ne parle jamais : c’est un protagoniste muet, un pion silencieux dans la mécanique criminelle de Liberty City. GTA VI fait exactement l’inverse. Le jeu s’articule autour d’un duo jouable, Jason Duval et Lucia Caminos, le premier couple de protagonistes de la saga, après le trio de GTA V (2013). Un tandem de hors-la-loi que la presse compare volontiers à un Bonnie and Clyde moderne.
Lucia marque un tournant : c’est la première héroïne jouable placée au centre du récit d’un GTA principal (on peut lire notre portrait de Lucia Caminos et notre décryptage du duo Jason et Lucia). On est loin du bloc de pixels muet de 2001.
Vingt-cinq ans de saut technique et d’ambition
Sous le capot, l’écart est abyssal. RenderWare était un moteur calibré pour la PlayStation 2 ; GTA VI s’appuie sur le RAGE maison, dans la lignée technique de Red Dead Redemption 2 (2018) et de sa physique Euphoria. Surtout, Grand Theft Auto VI n’est plus le pari d’un studio qui perce, mais une superproduction : le budget est estimé au-delà du milliard de dollars, ce qui en ferait le jeu le plus cher de l’histoire, et Take-Two table sur 8,0 à 8,2 milliards de dollars de réservations nettes sur l’exercice 2027, très largement porté par le jeu. L’équipe de GTA III, elle, tenait dans quelques dizaines de personnes.
Une précision honnête : les captures récentes de GTA III proviennent du remaster Definitive Edition (2021). L’original PlayStation 2 de 2001 était bien plus rudimentaire, ce qui rend le fossé avec GTA VI plus grand encore. Voici la bande-annonce officielle de GTA VI pour mesurer le chemin parcouru.
Le même ADN, un quart de siècle plus tard
Malgré tout ce qui les sépare, la filiation saute aux yeux. GTA III comme GTA VI reposent sur le même trio : le crime comme moteur, la liberté totale du bac à sable et une satire mordante de l’Amérique, le tout bercé par des radios devenues cultes. De la même famille que San Andreas ou GTA IV, ce sont deux jalons d’une même série : pour situer les autres, voyez nos comparatifs face à San Andreas et à GTA IV, et notre point complet sur la date de sortie de GTA VI.
Le tableau ci-dessous résume ce qui sépare les deux jeux.
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