Quatre ans avant GTA San Andreas, deux décennies avant le retour annoncé de Vice City dans GTA VI, un jeu a fixé pour toujours l’image de la saga : palmiers, néons et fusillades au soleil couchant. GTA Vice City fête bientôt ses 24 ans, et il reste l’un des opus les plus aimés de Rockstar. Voici pourquoi.
Un coup de tonnerre commercial en 2002
Sorti le 29 octobre 2002 sur PlayStation 2, GTA Vice City est l’œuvre de Rockstar North, le studio écossais déjà derrière GTA III un an plus tôt. Le jeu tourne sur le moteur RenderWare, et il transforme l’essai de son aîné de façon spectaculaire. Le démarrage est foudroyant : 500 000 exemplaires écoulés en 24 heures, 1,4 million en deux jours, un record pour l’époque. Au total, l’original a dépassé les 17,5 millions de copies tous supports confondus, dont plus de 14 millions sur la seule PS2, et fut le jeu le plus vendu de l’année 2002 aux États-Unis.
La critique a suivi le public. Avec un 95/100 sur Metacritic, Vice City s’est installé parmi les jeux les mieux notés de la PlayStation 2, et a raflé une moisson de récompenses. Au passage, il pose plusieurs premières pour la série : les motos, jouables pour la première fois, et surtout un protagoniste qui parle, là où le héros muet de GTA III restait une coquille vide.
Tommy Vercetti et un casting digne d’Hollywood
Ce héros, c’est Tommy Vercetti, mafieux fraîchement sorti de quinze ans de prison et envoyé à Vice City pour y bâtir un empire. Lui prêter sa voix : Ray Liotta, le Henry Hill des Affranchis, un casting qui à lui seul disait l’ambition cinématographique du projet. Rockstar a entassé près de 8 000 lignes de dialogue, soit quatre fois plus que dans GTA III, et a recruté un plateau de stars pour les interpréter.
Autour de Liotta gravitent Burt Reynolds en promoteur immobilier véreux, Dennis Hopper en réalisateur de films pour adultes, Tom Sizemore en parrain mafieux, Luis Guzmán en baron de la drogue Ricardo Diaz, ou encore William Fichtner dans le rôle de l’avocat Ken Rosenberg. Clin d’œil parfait à l’esprit du jeu : le bras droit de Tommy, Lance Vance, est doublé par Philip Michael Thomas, c’est-à-dire l’inspecteur Ricardo Tubbs de la série Miami Vice. La boucle est bouclée.
Le Miami des années 80, vrai personnage principal
Si Vice City a tant marqué, c’est que sa ville vaut son scénario. Inspirée de Miami, l’agglomération fictive plante le joueur en 1986, en plein âge d’or de la cocaïne et du clinquant. Rockstar puise sans complexe dans deux références assumées : le Scarface de Brian De Palma, sorti en 1983, pour la trajectoire du criminel ambitieux, et la série Miami Vice pour l’esthétique pastel, les costumes à manches retroussées et les hors-bord.
Le résultat est une direction artistique d’une cohérence rare : architecture Art déco repeinte de rose et de turquoise, enseignes au néon, avenues bordées de palmiers, plages bondées et orages de fin de journée. Cette identité visuelle si forte, GTA n’a plus jamais cessé de la cultiver. C’est elle, modernisée, que l’on retrouve dans les premières images de Leonida.
Pour saisir à quel point Rockstar s’appuie sur des lieux réels, notre dossier sur les villes réelles derrière les cartes de GTA détaille les modèles de Vice City, Los Santos et compagnie.
Une bande-son qui a éduqué une génération
L’autre arme fatale de Vice City, c’est sa radio. Le jeu embarque neuf stations et une centaine de titres sous licence, un catalogue qui a fait office de cours d’histoire de la musique des années 80 pour bien des joueurs. V-Rock crache du hard rock et du metal, Flash FM aligne les tubes pop, Wave 103 distille new wave et synthpop, et Fever 105 fait dans la soul, le funk et le disco. À cela s’ajoutent des stations parlées, dont la satirique VCPR.
Ce patrimoine a toutefois un revers en 2026 : plusieurs morceaux ont été retirés des versions vendues après 2012, licences musicales expirées obligent. C’est l’un des rares points sur lesquels les rééditions ne valent pas tout à fait la cartouche d’origine.
Où (re)jouer à Vice City aujourd’hui
Pas besoin de ressortir une PlayStation 2 pour replonger. Depuis 2021, Vice City est disponible dans une version remasterisée, Grand Theft Auto: Vice City – The Definitive Edition, qui modernise les textures, l’éclairage et la maniabilité tout en conservant l’esprit de l’original.
| Version | Sortie | Plateformes |
|---|---|---|
| Original | 29 octobre 2002 | PlayStation 2, puis PC (mai 2003) et Xbox (novembre 2003). |
| Definitive Edition (consoles et PC) | 11 novembre 2021 | PS5, PS4, Xbox Series, Xbox One, Nintendo Switch et PC. Textures et éclairage revus. |
| Definitive Edition (mobile) | 14 décembre 2023 | iOS et Android, avec commandes tactiles et support des manettes. |
Sortie chaotique fin 2021, cette Definitive Edition a depuis été largement corrigée par patchs. Pour savoir ce qu’elle vaut réellement aujourd’hui, voyez notre avis détaillé sur la GTA Trilogy Definitive Edition. Et si vous voulez (re)faire la saga dans le bon ordre, on a classé tous les GTA dans l’ordre.
De Vice City 2002 à Leonida
Si l’on reparle autant de Vice City en 2026, c’est évidemment parce que Rockstar y revient. Grand Theft Auto VI, attendu le 19 novembre 2026 sur PS5 et Xbox Series, plante de nouveau son décor dans Vice City, désormais nichée dans l’État fictif de Leonida. Le studio troque toutefois le néon des années 80 contre une époque moderne, et une ville incomparablement plus vaste et détaillée que celle de 2002.
Rejouer à l’original avant le grand soir n’a donc rien d’un exercice nostalgique gratuit : c’est la meilleure façon de mesurer le chemin parcouru, et de comprendre l’ADN d’une ville que Rockstar n’a jamais vraiment quittée. Pour suivre le compte à rebours, gardez un œil sur notre page dédiée à la date de sortie de GTA 6. Vingt-quatre ans après, Tommy Vercetti peut être fier : sa ville n’a jamais été aussi convoitée.
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