Quel est le meilleur protagoniste de GTA ? La question déchire les fans depuis vingt ans, et un nom revient plus souvent que les autres : Carl « CJ » Johnson, le héros de San Andreas. Mais la saga a aligné une galerie d’antihéros inoubliables, du tragique Niko Bellic à l’imprévisible Trevor. Voici notre classement des protagonistes qui ont marqué Grand Theft Auto, et surtout ce qui rend chacun d’eux culte.
Ce qui fait un grand protagoniste chez Rockstar
Un bon héros de GTA se juge sur trois critères. D’abord l’attachement : est-ce qu’on a envie de le suivre, de le protéger, de connaître sa fin ? Ensuite l’écriture : la profondeur du personnage, la qualité de son arc, la façon dont le jeu se sert de lui pour raconter quelque chose de l’Amérique. Enfin le rôle dans le gameplay : certains protagonistes ont carrément fait évoluer la structure de la série.
C’est le miroir exact de notre classement des meilleurs méchants de la saga : un héros ne vaut souvent que par le drame qu’il traverse. Et si GTA tient depuis si longtemps, c’est aussi parce que Rockstar a su donner à ses criminels une vraie épaisseur humaine, comme on l’explique dans notre dossier sur ce qui fait tenir GTA 5 depuis 2013.
| Protagoniste | Jeu | Voix | Signature |
|---|---|---|---|
| CJ (Carl Johnson) | San Andreas (2004) | Young Maylay | Le héros le plus complet, systèmes RPG |
| Niko Bellic | GTA IV (2008) | Michael Hollick | Le mieux écrit, le plus tragique |
| Trevor Philips | GTA V (2013) | Steven Ogg | Le plus imprévisible et mémorable |
| Tommy Vercetti | Vice City (2002) | Ray Liotta | Le premier héros doublé, icône 80s |
| Michael De Santa | GTA V (2013) | Ned Luke | Le braqueur en crise de la cinquantaine |
| Franklin Clinton | GTA V (2013) | Shawn Fonteno | L'ambitieux, point d'entrée du joueur |
| Claude | GTA III (2001) | Muet | Le blueprint silencieux du GTA 3D |
CJ et Niko, les deux sommets de l’écriture
Si un seul GTA devait décrocher le trophée du meilleur protagoniste, deux jeux se disputeraient l’honneur. San Andreas, d’abord, avec Carl Johnson. Le jeu ne se contente pas de raconter un retour au quartier après la mort d’une mère : il fait de CJ le héros le plus jouable de la saga, avec ses statistiques de muscle et d’endurance, ses coupes de cheveux, ses tatouages et sa réputation à entretenir dans les gangs. On revit toute son épopée dans notre rétrospective de San Andreas.
GTA IV, ensuite, avec Niko Bellic. Là où CJ gagne par l’attachement, Niko gagne par la profondeur. Immigré rongé par la culpabilité et par ce qu’il a vu à la guerre, il débarque à Liberty City en quête d’une seconde chance et se heurte à un rêve américain en carton. C’est cette gravité qui a valu au jeu un 98 sur Metacritic, l’une des toutes meilleures notes de l’histoire du média. On y revient dans notre rétrospective de GTA IV.
GTA V : trois héros jouables pour le prix d’un
En 2013, Rockstar prend le plus gros risque narratif de la saga : au lieu d’un héros, GTA V en propose trois, entre lesquels on bascule à la volée, y compris en pleine fusillade. Le studio expliquait avoir imaginé l’idée dès San Andreas, sans pouvoir la réaliser sur le matériel de l’époque. Michael le braqueur repenti, Franklin l’ambitieux et Trevor le psychopathe forment un trio qui se complète et se déteste, et cette bascule permanente reste la plus grosse innovation de structure de la série.
Le pari a payé au-delà de tout : GTA V approche les 230 millions d’unités écoulées d’après les derniers résultats de Take-Two, ce qui en fait le jeu le plus vendu de la franchise et l’un des produits culturels les plus rentables de tous les temps. On raconte la fabrication de ce casting, capté en performance intégrale, dans notre dossier sur les acteurs de GTA V.
Selon la fin choisie, le trio s’en sort ensemble ou se déchire, un dilemme qu’on décortique dans notre guide des différentes fins de GTA 5.
Tommy Vercetti et Claude, les pères fondateurs
Impossible de classer les héros de GTA sans saluer ceux qui ont tout lancé. Tommy Vercetti est le premier protagoniste parlant de la série. En 2002, Rockstar lui offre carrément la voix de Ray Liotta, star des Affranchis, pour incarner un caïd sorti de prison qui prend le contrôle d’un Vice City calqué sur le Miami de Scarface. Costumes pastel et néons compris, il a défini une esthétique que la saga n’a jamais oubliée, comme le rappelle notre rétrospective de Vice City.
Un an plus tôt, Claude faisait bien plus discret dans GTA III, mais son rôle est peut-être le plus important de tous. Ce protagoniste totalement muet, trahi dès l’intro par sa complice Catalina, est la coquille vide dans laquelle chaque joueur se projetait. Et c’est avec lui que la saga a basculé dans la 3D et posé le modèle du monde ouvert que tout le jeu vidéo a copié depuis. Pour situer chaque épisode, notre guide des jeux GTA dans l’ordre remet tout à plat.
Cinq mentions à ne pas oublier
Cinq autres héros méritent leur place au tableau d’honneur. Victor Vance, le frère aîné de Lance, tient le premier rôle de Vice City Stories (2006). Toni Cipriani, âme damnée de la mafia Leone, mène Liberty City Stories (2005). Sur GTA IV, les deux extensions ont offert des protagonistes marquants : le motard Johnny Klebitz dans The Lost and Damned (2009) et l’homme de main Luis Lopez dans The Ballad of Gay Tony (2009). Enfin, Huang Lee a porté à lui seul l’excellent Chinatown Wars (2009) sur Nintendo DS.
Peut-on encore les incarner aujourd’hui ?
Bonne nouvelle : la quasi-totalité de ces héros reste jouable. Claude, Tommy et CJ sont ressortis dans The Trilogy: The Definitive Edition, avec des commandes modernisées. Niko se relance sur les plateformes récentes, et le trio de GTA V continue de tourner sur PC comme sur consoles nouvelle génération.
Reste une question qui brûle les lèvres de tous les fans : à quoi ressembleront les protagonistes de Grand Theft Auto VI ? Pour la première fois, la saga met en avant un duo, Jason et Lucia, dont on scrute déjà chaque détail dans notre analyse du duo Jason et Lucia. En attendant de savoir s’ils rejoindront ce panthéon, voici notre classement complet des meilleurs protagonistes de GTA, de l’inoubliable CJ au fondateur muet Claude.
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