On parle des cartes de GTA comme de mondes imaginaires, mais elles sont en réalité un grand jeu de miroirs déformants. Depuis trente ans, Rockstar prend de vraies métropoles américaines, leur invente un nouveau nom, puis en exagère chaque travers : la frime de Miami, le culte de l’image de Los Angeles, la démesure verticale de New York. Voici les villes réelles qui se cachent derrière les terrains de jeu les plus célèbres de la saga.
Vice City, c’est Miami sous coke et néons
Le cas le plus iconique. Vice City, qui donne son nom au GTA de 2002, est la transposition de Miami, et son récit se déroule en 1986. Rockstar y assume deux influences majeures du polar des années 80 : le film Scarface (1983) et la série Miami Vice de Michael Mann. De là viennent les palmiers, l’Art déco pastel de l’Ocean Drive, les costumes en lin, les néons turquoise et roses, et une économie entièrement bâtie sur le trafic de cocaïne. La ville n’est pas un décor neutre : c’est un hommage parodique à toute une esthétique télévisuelle.
C’est aussi ce patrimoine que GTA VI vient récupérer, en ramenant le joueur dans un Vice City moderne. Là où l’original figeait Miami en 1986, le nouvel opus en propose une version contemporaine, réseaux sociaux et smartphones compris.
Los Santos, le Los Angeles de Rockstar
Los Santos est sans doute la ville que Rockstar a le plus aimé caricaturer. Le nom lui-même est une blague : « Los Santos » signifie « les Saints » en espagnol, écho ironique aux « Anges » de Los Angeles. La ville pousse le mimétisme jusque dans ses lieux-culte : Vinewood pour Hollywood, le Vinewood Sign pour le célèbre panneau sur la colline, le Del Perro Pier calqué sur la jetée de Santa Monica, et Vespucci Beach pour Venice Beach.
Deux jeux, deux versions de cette même Californie. Le San Andreas de 2004 plaçait Los Santos au début des années 90, en plein climat post-émeutes, avant de l’oublier au profit des deux autres villes de l’État. GTA V (2013) en a fait sa vitrine unique et hyperdétaillée. Pour creuser cet écart de presque dix ans, voyez notre comparatif San Andreas contre GTA 5.
Liberty City, New York arrondissement par arrondissement
Liberty City est le visage de New York dans la saga. Mais c’est avec GTA IV, sorti le 29 avril 2008, que le décalque devient chirurgical. La ville reprend les arrondissements réels un par un : Algonquin pour Manhattan, Broker pour Brooklyn, Dukes pour Queens, Bohan pour le Bronx, le tout relié par des ponts au-dessus de l’eau exactement comme dans la vraie métropole. L’État voisin d’Alderney tient le rôle du New Jersey, et la Statue of Happiness remplace la Statue de la Liberté.
Un seul morceau de New York manque à l’appel : Staten Island, coupé en cours de développement. Un détail qui en dit long sur la méthode Rockstar, prête à sacrifier un arrondissement entier plutôt que de livrer une zone sans intérêt ludique.
San Andreas : trois villes de l’Ouest en une
Avant de tout concentrer sur Los Santos, Rockstar avait vu beaucoup plus grand. Le San Andreas de 2004 réunissait trois métropoles dans un seul État inspiré de la Californie et du Nevada : Los Santos (Los Angeles), San Fierro (San Francisco) et Las Venturas (Las Vegas). San Fierro reprenait jusqu’aux collines pentues et au grand pont rouge de la baie, tandis que Las Venturas singeait le Strip et ses casinos. Le tout en plein début des années 90, sur fond de guerre des gangs et de hip-hop West Coast. Pour resituer chaque ville dans la chronologie de la saga, notre guide des jeux GTA dans l’ordre fait le tri.
| Ville fictive | Vraie ville | Jeu de référence | Indices qui ne trompent pas |
|---|---|---|---|
| Liberty City | New York | GTA IV (2008) | Algonquin/Manhattan, Broker/Brooklyn, Bohan/Bronx |
| Vice City | Miami | Vice City (2002) | Art déco, Ocean Drive, néons, ambiance Miami Vice |
| Los Santos | Los Angeles | GTA V (2013) | Vinewood, Vinewood Sign, Del Perro Pier |
| San Fierro | San Francisco | San Andreas (2004) | Collines, grand pont rouge de la baie |
| Las Venturas | Las Vegas | San Andreas (2004) | Le Strip, casinos, désert du Nevada |
| Leonida | Floride | GTA VI (2026) | Marécages, Keys, retour du Vice City moderne |
Et demain ? Leonida, la Floride selon Rockstar
La méthode ne change pas, elle s’élargit. Pour GTA VI, Rockstar ne se contente plus d’une ville : le studio recrée tout un État, Leonida, calqué sur la Floride. On y retrouve un Vice City moderne inspiré de Miami, mais aussi des marécages, des îles et une nature débordante. C’est Rockstar qui le dit officiellement sur son Newswire, en parlant d’un « retour dans le Vice City moderne ». Pour explorer ce nouveau terrain de jeu, faites un tour sur notre carte de Leonida. De Liberty City à Leonida, la constante est limpide : GTA n’invente pas l’Amérique, il la met en caricature.
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