On l’a répété pendant vingt-cinq ans sans y penser : dans un GTA, on vole une voiture en une touche. L’Extended Look du 27 août 2026 vient d’enterrer ce réflexe. GTA VI transforme le geste fondateur de la série, celui qui lui donne son nom, en un vrai système, avec des outils, des niveaux de sécurité et une part de risque. Voici ce que Rockstar a montré, et pourquoi ça change tout.
Le triangle magique, c’est fini
C’est Rob Nelson en personne, codirecteur de Rockstar North, qui a posé le constat auprès d’IGN au moment de l’Extended Look : « Avant, il suffisait d’appuyer sur triangle pour démarrer et voler n’importe quel véhicule que vous vouliez, puis filer. » Ce réflexe, dit-il, « laissait beaucoup de gameplay potentiel sur la table en matière de progression et de décision ». Sa formule pour décrire la nouvelle approche : le studio a mis « des couches de stratification » dans les véhicules.
Traduction concrète : le vol n’est plus une action binaire. Selon la voiture visée, il faudra le bon geste, le bon outil, et parfois attendre d’avoir avancé dans l’histoire. Pour une saga littéralement baptisée Grand Theft Auto, réinventer le vol de voiture n’est pas un détail cosmétique : c’est toucher au verbe central.
Briser la vitre ou passer le slim jim
Devant une portière, l’Extended Look montre deux invites de touche. La première brise la vitre : rapide, mais bruyant, un geste qui a toutes les chances d’attirer l’attention de la police et des passants. La seconde sort un slim jim, cette réglette de crochetage qui se glisse le long de la vitre, avec un bref mini-jeu au stick droit pour faire sauter le verrou en douceur. Deux façons d’entrer, deux profils de risque : le vol discret existe enfin, à côté du vol à l’arrache.
C’est une logique très Red Dead Redemption 2, où chaque interaction du monde passe par une petite animation contextuelle plutôt que par un bouton unique. Le même esprit irrigue les mécaniques de gameplay de GTA VI révélées jusqu’ici.
Tous les véhicules ne se démarrent plus à la volée
Entrer dans la voiture ne suffit plus à la faire partir. « On n’a besoin de rien pour faire un hotwire, mais tous les véhicules ne peuvent pas être démarrés ainsi. Certains exigent un cloneur de clé », a précisé Nelson à la chaîne The Gaming Gorilla. Les modèles récents embarquent un immobiliseur électronique : vitre cassée ou pas, le moteur reste muet tant que vous n’avez pas cloné la clé. Les vieilles guimbardes, elles, cèdent à un simple slim jim.
Mieux : certaines voitures garées sont carrément verrouillées derrière la progression. Impossible de les voler tôt dans l’aventure, parce que l’outil nécessaire ne se débloque que plus tard. Le catalogue roulant de Leonida n’est donc pas un self-service : c’est une échelle de difficulté, du tacot rouillé à la sportive blindée d’électronique.
Waink, l’app qui jauge la voiture avant le vol
Pour savoir à quoi vous avez affaire, GTA VI ajoute une application au téléphone : Waink. On la pointe vers un véhicule garé et elle affiche sa fiche avant même qu’on approche la main de la poignée. Nelson en donne l’exemple à IGN : « Elle me dit que cette voiture est verrouillée, qu’elle a une alarme et qu’elle n’a pas de traceur. » S’ajoutent la valeur de revente et le coût pour l’immatriculer à votre nom.
Le studio résume l’intention ainsi : « On a ajouté plein de petits outils et de mécaniques pour accomplir ces actions autrefois binaires. » Autrement dit, le vol devient une décision. Est-ce que cette caisse vaut le tournevis, le bruit et le risque ? Waink met les chiffres sous vos yeux avant que vous ne cassiez quoi que ce soit.
Traceur GPS, alarme, immatriculation : le vol devient un choix
La sécurité ne s’arrête pas au démarrage. Les véhicules haut de gamme embarquent un traceur GPS actif : une fois la voiture chaude, il faut semer le signal, soit en roulant vite pour distancer la trace, soit en abandonnant la caisse pour filer à pied dans les ruelles. Ajoutez l’alarme qui ameute le quartier, et vous comprenez pourquoi le mauvais choix de cible peut virer à la course-poursuite plutôt qu’à la balade.
Garder la voiture volée demande enfin de l’immatriculer et de la ranger dans un garage à la place limitée. Le vol acquiert un coût d’opportunité, exactement ce que la série n’avait jamais mis en jeu. Et comme le niveau de recherche grimpe désormais jusqu’à six étoiles, déclencher une alarme au mauvais moment peut faire monter la pression très vite. On est loin du parc à voitures gratuit de GTA V.
Vingt-cinq ans de vol de voiture chez Rockstar
Pour mesurer le saut, il suffit de remonter la série. Le vol de voiture est passé d’un automatisme instantané à une petite simulation d’effraction.
| Jeu | Ce qu’il fallait faire | Résistance des véhicules |
|---|---|---|
| GTA III (2001) | Ouvrir la portière, éjecter le conducteur, démarrer aussitôt | Quasi nulle, tout se vole en une touche |
| GTA IV (2008) | Vitre brisée si verrouillé, puis animation de hotwire à marteler | Les belles voitures mettent plus de temps à démarrer |
| GTA V (2013) | Simple bouton de contact, vitre cassée quand on est recherché | Aucune vraie serrure, Euphoria allégé |
| GTA VI (2026) | Vitre ou slim jim, puis hotwire ou cloneur de clé selon la cible | Niveaux de sécurité, traceurs, verrous de progression |
La bascule est nette : GTA IV avait esquissé l’idée d’un vol qui prend du temps, GTA V l’avait gommée pour l’accessibilité, GTA VI en fait un système à part entière. On tenait déjà le fil d’une conduite plus lourde dans notre analyse de la conduite réaliste de GTA VI ; le vol suit la même philosophie de simulation, tout comme le reste du gameplay détaillé après les révélations de l’Extended Look. Rendez-vous à la date de sortie du 19 novembre pour la manette en main.
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