On ne peut pas encore comparer GTA VI et Cyberpunk 2077 manette en main : le jeu de Rockstar ne sort que le 19 novembre 2026. Mais le vrai duel se joue ailleurs, sur le terrain du lancement. Cyberpunk reste le naufrage à ne pas revivre, et Rockstar a bâti toute sa stratégie pour l’éviter. Voici ce que la comparaison révèle vraiment.
Cyberpunk 2077, le naufrage que tout le monde a en tête
Avant d’être un grand jeu, Cyberpunk 2077 a été une catastrophe industrielle. Sorti le 10 décembre 2020 sur PS4, Xbox One, PC et Stadia après sept ans d’attente et des promesses démesurées, il arrive truffé de bugs et, surtout, injouable sur les consoles de la génération précédente. Le tollé est tel que Sony prend une décision inédite dans son histoire : retirer purement et simplement le jeu du PlayStation Store et rembourser tous les acheteurs. L’action de CD Projekt s’effondre de près de 20 % dans la foulée. Pour un titre qui avait coûté environ 316 millions de dollars au total, dont 142 rien qu’en marketing, l’humiliation est totale.
La suite, en revanche, est l’un des plus beaux sursauts du jeu vidéo. À force de correctifs, la refonte 2.0 de 2023 et l’extension Phantom Liberty transforment le jeu de fond en comble. En juillet 2026, Cyberpunk 2077 franchit les 40 millions d’exemplaires vendus, entre dans le top 20 des jeux les plus vendus de tous les temps et sert désormais de cas d’école du rachat réussi. C’est justement ce grand écart, du fiasco au triomphe, qui hante la préparation de GTA VI.
GTA VI a retenu la leçon du last-gen
La première erreur de Cyberpunk fut de vouloir tourner partout. En s’accrochant à la PS4 et à la Xbox One, des machines de 2013, CD Projekt a livré une version dégradée qui a plombé toute la réputation du jeu. Rockstar a tranché net : Grand Theft Auto VI ne sortira que sur PS5 et Xbox Series X|S, sans la moindre version last-gen. Le studio se prive d’un parc de joueurs colossal, mais s’offre une cible matérielle unique et moderne à optimiser. C’est exactement l’inverse du pari perdu de Cyberpunk.
L’autre atout tient au moteur. Là où Cyberpunk étrennait un REDengine 4 encore instable, GTA VI repose sur le RAGE, la technologie maison déjà éprouvée sur GTA V et Red Dead Redemption 2, deux monuments techniques réputés pour leur stabilité. On avait détaillé ce que cette lignée promet dans notre dossier sur le moteur graphique de GTA VI. Un moteur rodé ne garantit pas un lancement parfait, mais il réduit drastiquement le risque du bug systémique qui a coulé CD Projekt.
Deux mondes, deux échelles de budget
Sur l’ambition brute, les deux jeux ne boxent pas dans la même catégorie. Cyberpunk 2077 concentre son monde sur Night City, une mégapole verticale dense entourée des Badlands. GTA VI, lui, déploie tout l’État de Leonida, inspiré de la Floride : Vice City, ses banlieues, ses marécages et son arrière-pays sauvage, pour ce que Rockstar présente comme la plus grande carte de la saga. On a mesuré cette démesure dans notre article sur la taille de la carte de GTA VI.
Cette différence d’échelle se lit dans les chiffres. Le budget de GTA VI n’a jamais été officialisé par Take-Two, mais la presse spécialisée l’estime entre 1 et 2 milliards de dollars, ce qui en ferait le jeu le plus cher jamais produit, très loin des 265 millions de GTA V ou des 540 millions de Red Dead Redemption 2. En clair, GTA VI coûterait à lui seul plusieurs fois le budget total de Cyberpunk. Reste que dépenser plus n’a jamais protégé de rien : Cyberpunk était déjà, en 2020, l’un des jeux les plus chers de son temps. La bande-annonce ci-dessous donne la mesure de ce que cet argent doit rendre à l’écran.
Le vrai duel se jouera au lancement
Le nom de Cyberpunk revient sans cesse dans les coulisses de GTA VI, et ce n’est pas un hasard. Selon l’insider Tom Henderson, l’un des plus fiables sur le dossier, le contenu du jeu est prêt de longue date et son report ne sert qu’à le polir, avec un objectif interne assumé : signer le lancement le plus soigné de l’histoire du studio et éviter une situation Cyberpunk. Henderson ajoute ne pas croire à un nouveau report. On avait fait le point sur ce débat entre insiders dans notre article sur un éventuel report de GTA VI.
C’est là toute la logique de Rockstar. Là où CD Projekt a passé des années à sur-promettre avant de livrer trop tôt, le studio de GTA VI communique au compte-gouttes, retarde sans s’excuser et vise le current-gen uniquement, comme s’il cochait une à une les cases de l’échec de Cyberpunk pour ne surtout pas les répéter. Le pari est risqué à sa manière : plus on attend un jeu longtemps, plus le moindre défaut sera scruté. Mais Cyberpunk a laissé une leçon utile aux deux camps. Un naufrage peut se racheter, ses 40 millions de ventes le prouvent, mais au prix de plusieurs années de réputation abîmée. Rockstar, dont le prochain jeu est déjà le plus cher de l’histoire, n’a tout simplement pas droit à ce luxe. Réponse le 19 novembre, la date de sortie de GTA VI désormais gravée dans le marbre.
Commentaires
Soyez le premier à réagir.