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Classement

GTA 1, GTA 2 : les origines 2D oubliées de la saga

GTA 1 (1997), GTA London et GTA 2 : l'histoire des Grand Theft Auto en 2D vus de dessus, ces origines top-down qui ont fondé toute la saga.

Par Alfred de GTA Zone · Publié le 23 juillet 2026 · 6 min de lecture

Illustration cinématique en vue de dessus d'une métropole américaine des années 90 au coucher de soleil, quadrillage de rues, minuscules voitures et une berline volée fuyant deux voitures de police, dans une palette orangée façon jaquette GTA
Illustration : GTA Zone

Avant Grand Theft Auto III et son passage à la 3D en 2001, GTA se jouait vu du ciel, comme une maquette animée. Trois jeux en deux dimensions ont fondé la saga entre 1997 et 1999, aujourd’hui oubliés de presque tout le monde. Voici ce qu’ils ont inventé, et pourquoi ils comptent encore.

Avant la 3D, GTA se jouait vu du ciel

Le 28 novembre 1997, un petit studio écossais nommé DMA Design, déjà connu pour Lemmings, sort un jeu bizarre édité par BMG Interactive : Grand Theft Auto. La caméra est placée à la verticale, très haut au-dessus de la ville, si bien qu’on dirige un personnage minuscule sur ce qui ressemble à un plan de métro animé. Pas de récit balisé : on vole des voitures, on prend des missions au téléphone, on cumule des points en semant le chaos. Le bac à sable criminel est né, et il est déjà en vue de dessus.

Le détail qui fait sourire aujourd’hui : ce premier GTA se déroule sur trois villes qui portent déjà les noms de Liberty City, San Andreas et Vice City. Vingt-cinq ans avant Leonida, la saga avait posé son vocabulaire. Le jeu doit aussi sa légende à un scandale soigneusement orchestré, une campagne signée par le publicitaire Max Clifford qui lui a valu un classement 18 et une réputation sulfureuse, une histoire qu’on raconte en détail dans notre dossier sur la naissance de GTA chez DMA Design.

Jeu Sortie Décor Apport clé
Grand Theft Auto1997Liberty City, San Andreas, Vice CityLe jeu fondateur, en vue de dessus
GTA: London 19691999Londres, 1969La 1re extension de la saga
GTA: London 19611999Londres, 1961Add-on gratuit (préquelle, PC)
Grand Theft Auto 21999Anywhere CitySystème de respect, gangs rivaux

Le court-métrage live-action de GTA 2

C’est l’artefact le plus étrange de l’histoire de Rockstar. Pour lancer Grand Theft Auto 2 en 1999, DMA Design produit un court-métrage de huit minutes, entièrement en prises de vue réelles, sans une ligne de dialogue. On y suit un criminel nommé Claude Speed, joué par l’acteur britannique Scott Maslen, dans une virée sanglante au service de plusieurs syndicats. Des images du film habillent même les menus du jeu à sa sortie. C’est le seul contenu 100 % live-action jamais tourné par le studio.

Le clin d’œil que les fans adorent : deux ans plus tard, le héros muet de GTA III s’appellera lui aussi Claude. Rockstar n’a jamais confirmé qu’il s’agit du même homme, et la parenté reste une théorie de fans, mais l’écho a suffi à faire entrer Claude Speed dans la légende. Le film original, préservé par Internet Archive, se regarde encore.

Le court-métrage promotionnel de GTA 2 (1999), avec Claude Speed : huit minutes de crime muet en prises de vue réelles. Source : DMA Design / Rockstar Games (1999), via Internet Archive

Anywhere City, le GTA le plus étrange de la saga

Sorti le 22 octobre 1999, GTA 2 ne se contente pas de reprendre la recette : il la pousse dans une direction que la saga n’explorera plus jamais. Fini les villes américaines identifiables, place à Anywhere City, métropole grise et rétro-futuriste que le jeu situe malicieusement « trois semaines dans le futur ». On y sent l’influence de films comme Blade Runner autant que celle du polar urbain.

Surtout, GTA 2 introduit un système de respect qui préfigure les guerres de territoires de San Andreas. La ville est disputée par des gangs hauts en couleur, du conglomérat Zaibatsu aux Yakuza, en passant par les Rednecks du parc à caravanes ou les Loonies échappés de l’asile. Rendre service à l’un, c’est se faire haïr des autres : chaque mission recompose la carte des alliances. À sa sortie, le jeu reçoit un accueil mitigé et se vend sous les attentes, éclipsé par l’ambition d’une industrie qui bascule vers la 3D. Pour beaucoup, c’est pourtant le GTA 2D le plus fou et le plus abouti.

Rue nocturne rétro-futuriste aux néons roses et bleus, gratte-ciel sombres et voitures anciennes, évoquant l'ambiance d'Anywhere City dans GTA 2
Néons, béton et voitures d'un autre temps : l'ambiance rétro-futuriste d'Anywhere City, la métropole sans nom de GTA 2. Illustration : GTA Zone

Londres 1969, le seul GTA hors des États-Unis

Entre les deux jeux principaux, DMA glisse une expérience unique. GTA: London 1969 quitte les villes fictives américaines pour poser sa caméra sur une vraie capitale : le Londres de la fin des années 60. Conduite à gauche, argot britannique (le « Busted » de l’arrestation devient une expression locale), taxis et minicoopers d’époque, ambiance Swinging Sixties. C’est, à ce jour, le seul GTA jamais situé hors des États-Unis dans un lieu réel, et il a la particularité rare d’être une extension, pas un jeu autonome.

Détail savoureux pour qui connaît la suite : cette première extension de la saga est produite par Dan Houser, futur cerveau scénaristique des GTA modernes. Rockstar en tirera même une préquelle, GTA: London 1961, offerte gratuitement sur PC à condition de posséder London 1969. Des DLC avant l’heure du mot DLC, signés par ceux qui allaient réinventer le jeu vidéo.

Rue du Londres de la fin des années 60 vue de dessus, avec taxis noirs, un bus rouge à impériale et de petites voitures anciennes, ambiance Swinging Sixties au ton sépia
Cabs noirs, bus rouge à impériale et conduite à gauche : le Londres de 1969 que GTA: London a porté à l'écran, seule ville réelle de toute la saga. Illustration : GTA Zone

Ce que ces jeux oubliés ont légué à la saga

On peut sourire de ces pixels vus du ciel, mais tout GTA moderne leur doit quelque chose. Le bac à sable, les missions au téléphone, la radio, l’humour de mauvais goût : la formule était déjà écrite en 1997. Le système de respect de GTA 2 annonce les territoires de gangs de San Andreas, et les noms de Liberty City, San Andreas et Vice City deviendront les villes cultes de la saga. Il faudra le grand saut en 3D de GTA III pour transformer ces fondations en révolution, comme on le raconte dans notre panorama de tous les GTA dans l’ordre.

Ces jeux ne sont plus vendus, mais ils survivent dans les archives, et surtout dans l’ADN de la série. Quand GTA VI ouvrira les portes de Leonida le 19 novembre 2026, ce sera toujours le même geste qu’en 1997 : voler une voiture et voir ce qui arrive. Voici notre classement des GTA 2D, du plus fondateur au plus confidentiel.

  1. 1

    Grand Theft Auto (1997) : l'acte fondateur

    Tout est là, en germe. La liberté totale, le vol de voitures, les missions données par téléphone, la radio embarquée, l'humour noir. Vu du ciel, sur trois villes déjà baptisées Liberty City, San Andreas et Vice City, le premier GTA invente en 1997 un genre que personne ne comprend encore. Il choque, il est classé 18 par la BBFC, et cette réputation sulfureuse le rend culte. Sans lui, aucune des révolutions suivantes n'existe. C'est le big bang de la saga.

  2. 2

    Grand Theft Auto 2 (1999) : l'apogée de l'ère 2D

    Le premier GTA défrichait, GTA 2 peaufine. Anywhere City, métropole rétro-futuriste « trois semaines dans le futur », introduit un système de respect : travailler pour un gang, c'est se mettre à dos les autres. On y croise le Zaibatsu, les Yakuza, les Rednecks, les Loonies. Accueil mitigé et ventes sous les attentes à l'époque, mais c'est le plus abouti, le plus fou, et le seul à s'être offert un vrai court-métrage live-action. Le chant du cygne de la 2D.

  3. 3

    GTA: London 1969 : la première extension de la saga

    En 1999, DMA fait quelque chose qu'aucun GTA ne refera jamais : quitter les États-Unis pour une vraie ville. Direction le Londres de 1969, conduite à gauche, argot britannique, esthétique Swinging Sixties. Cette première extension de la saga, produite par un certain Dan Houser, transforme le moteur du premier jeu en carte postale criminelle so british. Une curiosité unique, aujourd'hui presque invisible, mais historiquement irremplaçable.

  4. 4

    GTA: London 1961 : le bonus gratuit fantôme

    Le plus oublié de tous. Sorti la même année, sur PC uniquement et en téléchargement gratuit, London 1961 est une préquelle de London 1969 qui remonte huit ans en arrière, dans un Londres en noir et blanc. Il fallait posséder l'extension précédente pour y jouer, ce qui a réduit son public à une poignée de fans. Une note de bas de page adorable dans l'histoire de GTA, la preuve que Rockstar bricolait déjà des DLC avant que le mot existe.

FAQ

Quel est le premier jeu GTA ?

Grand Theft Auto, sorti le 28 novembre 1997 sur PC, développé par le studio écossais DMA Design (le futur Rockstar North) et édité par BMG Interactive. Contrairement aux épisodes modernes, il se jouait en vue de dessus, la caméra placée au-dessus de la ville.

Combien y a-t-il de GTA en 2D ?

Quatre sorties : Grand Theft Auto (1997), ses deux extensions GTA: London 1969 et GTA: London 1961 (1999), puis Grand Theft Auto 2 (1999). Tous se jouent vu du ciel, avant que GTA III ne fasse basculer la saga en 3D en 2001.

GTA London se passe-t-il vraiment à Londres ?

Oui. GTA: London 1969 est le seul jeu de la saga situé dans une vraie ville hors des États-Unis, le Londres de la fin des années 60, avec conduite à gauche et argot britannique. Son add-on gratuit London 1961 en est une préquelle, sur PC uniquement.

Peut-on encore jouer aux GTA 2D aujourd'hui ?

Ils ne sont plus vendus officiellement par Rockstar, mais restent préservés sur des plateformes d'archivage comme Internet Archive. Leur influence, elle, se joue encore dans chaque GTA moderne.

Sources

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